N°16 Janvier 2010

Vers une nouvelle présidence au cdH...

Marc ELSEN, Président de la DCWB

Chacun aura vécu, avec proximité ou non, cette période de fin d’année 2009 autour de l’élection à la présidence du cdH. Dans un contexte un peu inhabituel lié à une procédure somme toute assez rapide et qui a suscité beaucoup de questions parmi les militants : Pourquoi un ticket Joëlle Milquet - Benoit Lütgen ? Pourquoi pas une réelle "passation de témoin" telle que la Présidente en avait exprimé la volonté ? Pourquoi pas une candidature de Benoit Lütgen qui paraissait plus ou moins aller de soi depuis plusieurs mois ?

La plupart des militants cdH, et bien d’autres sans doute,
reconnaissent que Joëlle Milquet a abattu un travail
considérable pendant toutes ces années de présidence,
relevant avec succès, avec un grand nombre d’acteurs du
parti, le défi du changement de nom, portant dignement
et efficacement l’image de celle qui a défendu et défend
les droits des francophones à travers les discussions
institutionnelles dans des conditions pas aisées,
maintenant le cdH dans une position d’interlocuteur
incontournable du paysage politique communautaire,
régional et fédéral… Elle a droit à la reconnaissance et à
la gratitude des militants !

Benoît Lütgen a énormément de qualités pour poursuivre
la tâche et pour mener le parti vers des horizons
nouveaux parce que l’un n’est pas l’autre, parce que
chacun a son style, parce qu’un changement n’est pas une
rupture, parce que la différence n’induit pas le regret du
passé, parce que demain est forcément différent
d’aujourd’hui et parce qu’il est nécessaire de l’accepter à
la fois pour ne pas mal vivre le changement mais aussi
pour garder tout l’enthousiasme et le susciter,
individuellement et collectivement.
Parce que l’évolution d’un parti est certes lié à la richesse
des personnes qui le constituent et le mènent, mais parce
qu’elle dépend aussi de la capacité de ses militants et de
ses responsables, à tous les niveaux d’engagement, de
susciter et de valoriser les changements qui le font vivre.

Au-delà des personnes, il y a les besoins, les défis, les
enjeux… L’essentiel est de les identifier voire de les
susciter : en politique il fautsavoir réagir mais aussi
« pro-agir ». Ce que beaucoup de citoyens regrettent bien
souvent, c’est de ne plus trouver suffisamment dans
l’expression politique, au-delà des distinctions entre les
partis, de volontés affirmées de jeter un regard juste sur
le monde tout en étant porteuses de la détermination à
contribuer à orienter le monde de demain.
Pour donner confiance, il faut être capable de répondre
aux besoins des personnes tout en visant l’intérêt général,
mais il faut aussi être capable d’identifier les enjeux pour
demain et de relever les défis qu’ils induisent. Le monde
évolue et il nous appartient de le faire évoluer, grâce aux
valeurs que l’on défend, grâce à l’inventivité et la
créativité, grâce à l’audace dans les propos et dans les
actes. A ce niveau, le lancement de l’ « Opération Planète
Humaniste » par la Présidente apparaît certes
prometteur en terme d’évolution de la doctrine du cdH.
Cette dynamique se révélera réellement porteuse de sens
et d’espoirs, mais aussi fédératrice, si collectivement on
donne vie au concept en valorisant les engagements de
chacun où il se trouve, en renforçant les engagements de
chaque militant et mandataire, notamment auprès de la
société civile organisée et des acteurs de terrain.

De ce point de vue, il est indispensable de renforcer les
réseaux de contacts mutuels et de collaborations entre les
élus et les acteurs du terrain associatif au sens le plus
large, du non-marchand mais aussi du marchand, du
public et du privé. Tout comme il est essentiel de
renforcer l’articulation et la reconnaissance mutuelle
entre les différents échelons de l’édifice du parti.

Qui peut répondre à ces défis ? Non pas une personne,
aussi emblématique soit-elle ! Mais une équipe forte et
solidaire, qui suscite une dynamique qui valorise les
engagements et les responsabilités de chacun dans sa
sphère d’activité, selon ses sensibilités et son style
nécessairement différents et donc complémentaires.
Une équipe qui marque dans l’action la volonté de
travailler avec les réseaux d’acteurs du terrain qui
renforcent la citoyenneté responsable et solidaire.
Les partenariats avec la société civile organisée doivent
être valorisés et amplifiés et de nouvelles perspectives
doivent être définies avec audace et espoir. C’est cette
faculté de susciter l’espoir dont « les gens » ont besoin !

Revenant à la question de la présidence du cdH, cette
transition entre la Présidente actuelle et le futur
Président, selon une formule inhabituelle et, oserais-je
dire, originale, doit être l’occasion de créer cette
dynamique, de lui donner une dimension forcément
nouvelle parce que différente.
Cette transition, voulue par les deux principaux acteurs et
candidats ensemble à la présidence en décembre dernier,
mais aussi par les nombreux militants qui l’ont
plébiscitée, doit être considérée non comme un frein ou
un sentiment de manque, mais bien plutôt comme une
chance et une réelle opportunité.
Le cdH sera mesuré sur la capacité qu’auront ses acteurs,
chacun là où il s’engage et collectivement, à en faire une
opportunité et mieux, à la saisir à bras le corps.

N°16 Janvier 2010

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