Numéro spécial avec le soutien financier de la commission Européenne et de l’EZA septembre 2011

Table ronde sur le dialogue social dans la mise en oeuvre de la stratégie 2020

Monsieur Jean Lapeyre – Chargé de mission au Secrétariat du
Secrétaire Général du Comité Economique et Social Européen.

Mr Jean LAPEYRE, vice-président du CEC, ancien
secrétaire général adjoint de la CES, préside cette
table ronde à laquelle participent Mr Steven
D’HAESELEER, représentant de Business Europe
et Mme Bir, représentante de la CES.
Cette table ronde permettra de discuter de
l’importance du dialogue social dans le contexte où
on se trouve. Il est difficile de se projeter dans
l’Europe de 2020 quand on se bat au jour le jour
contre la crise.

Baisse des revenus, baisse de la protection sociale,
précarité, exclusion, ... Nous avons discuté encore
aujourd’hui du travail des associations pour
l’inclusion. On observe même un recul des avancées
de l’égalité homme/femme, recul provoqué malheureusement
par la crise. Dans ce contexte de crise très
difficile il faut bien constater la montée de partis
ultranationalistes et xénophobes (en Finlande, en
Hongrie, …)

Crise financière, crise économique, crise de
gouvernance que les travailleurs subissent de plein
fouet.
Ronald Janssens a bien montré le cynisme,
l’irresponsabilité et l’avidité de nos dirigeants
économiques et politiques qui ont repris leurs
mauvaises habitudes avec une vitesse extraordinaire.
La crise n’a pas été aussi dramatique qu’on le
craignait parce que, justement, en Europe, nous
avons des amortisseurs sociaux, des investissements
publics.

Mais a t’on au niveau européen des véritables
stratégies ? Chaque pays a réagi individuellement.
Ce qui est clair c’est que les citoyens ne comprennent
pas que l’on continue à collectiviser les pertes mais à
privatiser les profits.

L’autorégulation n’existe pas, il est nécessaire d’avoir
des règles. L’Etat, national ET européen, a des
responsabilités et doit créer des règles législatives,
mais ce n’est pas suffisante. Il faut aussi des règles
contractuelles dont les partenaire sociaux doivent
assumer la responsabilité mais pour cela encore fautil
que les compétences des uns et des autres soient
claires. Quelles sont les matières qui peuvent
concerner cette régulation contractuelle pour aider à
recréer de la croissance et de l’emploi ?
On a parlé aujourd’hui des politiques salariales, mais
pour Mr Lapeyre ce n’est pas un sujet de conflit entre
Business Europe et la CES, il ne pense pas que les
employeurs européens aient envie de se mêler des
salaires.

Le fonctionnement du marché du travail, la
flexicurité, le temps de travail (pour lequel une
négociation va s’ouvrir sur la révision de la directive
de 1991 sur le temps de travail), l’inclusion (sur
laquelle un travail a déjà été fait mais pour laquelle il
faut encore donner un rôle aux organisations sur le
terrain pour qu’elle soit effectivement mise en
oeuvre), le développement durable (comment aller
vers une économie bas carbone qui nécessite de
repenser nos produits et nos consommations
énergétiques ?), ...
Tout cela nécessite des débats et des projets
communs pour les partenaires sociaux.
Il y a certainement des anticipations à faire pour
préparer les emplois de demain, les transitions
d’emploi qui seront nécessaires.
Un programme de travail va être élaboré par les
partenaires sociaux à partir de septembre, pogramme
quadriénnal, par lequel ils vont décider ensemble de
ce dont ils veulent discuter, de comment et avec quels
instruments ils veulent aboutir à des résultats ?
C’est un moment fort qui va caractériser les
partenaires sociaux dans le contexte actuel de crise.

Numéro spécial avec le soutien financier de la commission Européenne et de l’EZA septembre 2011

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