Numéro spécial avec le soutien financier de la commission Européenne et de l’EZA septembre 2009

La politique de l’emploi de l’Union Européenne

Monsieur Esteban Lozano Dominguez, DG
Emploi, Affaires Sociales et Egalité des chances de la
Commission européenne, nous a décrit la politique
de l’emploi de l’Union Européenne, politiques de
l’emploi qui font partie des politiques européennes
depuis le Traité de Rome.

La Stratégie Européenne pour l’Emploi coordonne
les politiques de l’emploi des Etats-membres depuis
1997.
Les instruments de coordination des politiques sont :
les lignes directrices, les plans nationaux, les
rapports conjoints et leur suivi, l’évaluation, et
l’apprentissage mutuel.
La méthode utilisée est appelée "méthode ouverte de
coordination" (MOC) (adoption en commun des
objectifs, évaluation en commun des progrès,
objectifs déclinés dans les priorités du Fonds Social
Européen).

Quels sont les 3 volets de la Stratégie de
Lisbonne ?

- la coordination macro-économique : Pacte de
stabilité et croissance et Politique monétaire ;
- les réformes micro-économiques : Politique
industrielle, Innovation et R&D, Amélioration du
fonctionnement des marchés ;
- la coordination des politiques de l’emploi.
Quels sont les objectifs de la stratégie
européenne pour l’emploi ?

Quels sont les objectifs de la stratégie
européenne pour l’emploi ?

- Atteindre le plein emploi : en 2010, le taux d’emploi
global sera de 70%, le taux d’emploi féminin de 60%
et le taux d’emploi chez les travailleurs de plus de 55
ans de 50%.
- Améliorer la qualité et la productivité du travail : la
qualité intrinsèque de l’emploi, de meilleures
perspectives de qualifications, l’éducation et la
formation, la santé et la sécurité au travail, la
flexibilitéet la sécurité de l’emploi, l’organisation du
travail et l’équilibre entre vie professionnelle et vie
privée. Nous sommes dans un contexte très difficile
pour l’emploi, nous avons tendance à dire qu’il est
important de créer de l’emploi et à s’inquièter par
après du point de vue « qualité ».
Mais on peut se rendre compte que c’est un faux
dilemme lorsqu’on observe les pays nordiques où il y
a un taux d’emploi très élevé ainsi qu’une qualité très
élevée.
- Renforcer la cohésion sociale et territoriale, en
particulier par l’insertion professionnelle des publics
défavorisés.

Trois priorités ont été identifiées pour la
stratégie européenne pour l’emploi :

1. Promouvoir l’emploi, augmenter l’offre de
main d’oeuvre et moderniser les systèmes de
protection sociale

- En favorisant l’accès des jeunes à l’emploi et la
réduction du chômage : il faut offrir un nouveau
départ aux jeunes en les intégrant au marché du
travail, on doit attaquer le problème le plus tôt
possible (plus on reste longtemps au chômage, plus
cela joue sur l’intégration)
- En appliquant des mesures actives et préventives
du marché de travail
- En soutenant le vieillissement actif : en insistant
sur la formation (qui est très basse chez les plus âgés
dans les entreprises) et sur les mesures fiscales pour
favoriser leur intégration.
- En accroissant l’activité professionnelle des
femmes et en réduisant les disparités (emploi,
chômage, rémunération)
- En conciliant mieux vie professionnelle et privée
(par exemple avec des crèches sur les lieux de
travail).
- En favorisant l’insertion professionnelle des
inactifs et des personnes défavorisées.
- En modernisant les systèmes de protection sociale
et les services d’emploi (il y a beaucoup
d’amélioration en ce qui concerne le fait de trouver
des alternatives d’emploi, il faut essayer de
coordonner l’offre et la demande et apporter une
attention personnalisée à la situation de la personne
demandeuse d’emploi).

2. Améliorer la capacité d’adaptation des
travailleurs et des entreprises.

- Il faut favoriser la flexibilité en la conciliant avec la
sécurité : notamment pour éviter les segmentations dans le marché du travail où beaucoup de personnes
se retrouvent dans une situation très précaire,
surtout les jeunes, les femmes et les plus défavorisés,
qui ont moins d’accès à la formation. Ceux-ci
subissent un effet de « transition yoyo », il faut une
plus grande sécurité dans les contrats de travail.
- Il faut mieux gérer les changements, dont les
restructurations économiques : il est important
d’anticiper les mutations industrielles et de voir
quelles formations peuvent le mieux contribuer à
faire face aux problèmes.
- Il faut promouvoir de nouvelles formes d’organisation
du travail, en vue d’améliorer la qualité et la
productivité.
- Il faut également promouvoir une fiscalité favorable
à l’emploi et réduire la pression fiscale sur les
bas salaires.
- Il faut s’attaquer au travail non déclaré.
- Il faut encourager l’implication des partenaires
sociaux.

3. Investir davantage dans le capital humain
en améliorant l’éducation et les compétences.

- En améliorant les systèmes d’éducation et de
formation et en les adaptant aux nouveaux besoins de
compétences.
- En réduisant significativement le nombre d’élèves
quittant l’école prématurément (actuellement le taux
est de 15%, l’objectif est d’atteindre les 8% en 2010).
- En améliorant l’efficacité et l’accès des politiques
d’apprentissage tout au long de la vie et en
augmentant la participation dans la formation
continue, en particulier pour les travailleurs peu
qualifiés et âgés.

Les orientations ont été revues au vu de la
crise économique, en adaptant la stratégie de
Lisbonne :

1. Lancer une vaste initiative européenne en
faveur de l’emploi

- Il faut renforcer les plans d’activation, en
particulier pour les personnes peu qualifiées, en
prévoyant des conseils personnalisés, une formation
/reconversion intensive des travailleurs et
l’amélioration de leurs qualifications, des emplois
subventionnés ainsi que des subventions au
démarrage d’activités indépendantes et d’entreprises.
- Il faut réorienter les programmes pour concentrer
le soutien sur les plus vulnérables.
- Il faut améliorer le suivi de l’adéquation entre les
compétences et les offres d’emploi existantes ou
prévues, ainsi que le suivi du développement et du
renforcement de ces compétences, en étroite
collaboration avec les partenaires sociaux, les SPE et
les universités.
La récente communication « New skills for new jobs »
s’inscrit dans ce cadre.
- Il faut revoir les règles du Fonds européen
d’ajustement à la mondialisation.

2. Soutenir la demande de main-d’oeuvre

- Il faut réduire les charges sociales patronales sur
les plus bas revenus.
- Il faut adopter de solutions innovantes (chèquesservices
pour les services ménagères et la garde
d’enfants, subventions pour l’embauche de main
d’oeuvre provenant des groupes vulnérables, etc.)
- Il faut réduire la TVA pour les services intensifs en
main-d’oeuvre.

3. Prendre d’autres mesures avec un impact
sur l’emploi

- Améliorer l’accès au financement pour les
entreprises.
- Réduire les charges administratives pesant sur les
entreprises.
- Accroitre les investissements en matière de R&D,
d’Innovation et d’éducation (aller vers une société de
la connaissance, cela passe par un investissement
dans l’éducation).
- Renforcer les investissements en particulier en
matière d’infrastructures, TIC, énergie et
environnement (projets transeuropéens d’interconnexions
énergétiques et d’infrastructures a large
bande ; internet à haut débit pour tous ; améliorer
l’efficacité énergétique des bâtiments et développer
des « produits verts » et des technologies propres
dans les domaines de l’automobile et de la
construction).

Selon Monsieur Degimbe, il y a trois points qu’il faut
absolument approfondir :

- l’emploi des femmes : qui est surtout difficile du
point de vue de la conciliation entre vie
professionnelle et vie privée, nous avons obtenu
beaucoup mais il ne faut pas nous endormir sur nos
lauriers ;
- les emplois verts : plusieurs associations pourront
approfondir cette thématique ;
- le problème de la formation des jeunes : 15 à 20%
des jeunes filles et garçons sortent des primaires sans
savoir lire et écrire, cette problématique doit être
prise à bras le corps sinon ces jeunes iront directement vers l’exclusion.

Numéro spécial avec le soutien financier de la commission Européenne et de l’EZA septembre 2009

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