n°9 avril 2008

La Revue nouvelle... toujours nouvelle !

Compacte bien avant le notebook, transportable bien avant l’ipod, les revues d’information et de réflexion sont des compagnes fidèles. Si vous les oubliez un temps, elles ne vous en veulent pas…

Christian VAN ROMPAEY, Rédacteur en chef de la revue "En Marche"

La Revue nouvelle est de celle-là, qui, depuis 1945 (!), accompagne des générations d’étudiantes et d’étudiants, non pas comme un double obligé de leurs études mais comme un lieu d’échange et de débat : « La Revue nouvelle n’analyse et ne discute que pour forger une position qui questionne l’actualité politique, socioéconomique et culturelle. »
Plus que jamais, alors que « la course à l’info » nous abreuve « en temps réel » de vraies et de fausses nouvelles, de tentatives de séduction et de coups de gueules, nous avons besoin de ce questionnement démocratique « alimenté par l’information, l’analyse et le débat ».

Plus que jamais, affirme la Revue nouvelle, les revues intellectuelles ont un rôle irremplaçable devant la montée en puissance d’un « marché médiatique » dont les produits d’information, bruts ou cryptés de manière partisane ne suffisent pas à animer l’espace public : « Cela ne la renvoie d’aucune manière à une attitude intellectuelle irresponsable qui jugerait de tout en surplomb. Plus que des leçons à donner à tout propos, c’est à une relance de la réflexion et du débat sur des bases mieux élucidées que La Revue nouvelle cherche à apporter sa contribution. »

Avec l’année 2008, « la voilà donc dans de nouveaux habits » nous explique Luc Van Campenhoudt, son nouveau rédacteur en chef, sociologue, professeur aux Facultés Saint-Louis et à l’UCL. Une nouvelle maquette, certes, mais toujours sobre et rétive aux effets séduisants « qui occupent l’espace sans lui fournir de substance ». On a donc toujours plaisir à tenir La Revue nouvelle entre ses mains… et à la lire.

La Revue nouvelle 2008 a eu la bonne idée de relancer une rubrique autrefois fort appréciée : « Le Mois ». Il ne s’agit pas seulement d’un résumé de l’actualité du mois, comme le proposent tant de magazines mais d’un regard différent sur l’actualité en la replaçant dans la durée. C’est en quelque sorte « le quotidien du mensuel ». Le premier numéro de l’année, par exemple, apportait un éclairage intéressant sur le décret inscription, la situation concrète à Charleroi, la colère des Turcs nationalistes à Saint-Josse…

Chaque mois, bien sûr, la Revue nouvelle propose toujours un dossier consacré à une question politique, sociale, économique ou culturelle. Celui-ci est le résultat d’un travail collectif qui aborde un sujet de manière très large.
Dans le numéro de janvier, la Revue Nouvelle traite des « ressorts de la crise » de la Belgique (janvier 2008) avec, entre autres, un article de Vincent de Coorebyter sur « Le fantôme du confédéralisme » et un entretien avec Liesbeth Van Impe sur l’évolution des partis flamands.
En février, elle aborde les nouvelles formes d’habitat sous le titre « Le logement déménage » (le squat collectif, vivre en caravane, l’habitat groupé, le logement intergénérationnel…).
Le numéro du mois de mars porte sur les aspects socio-économiques du handicap.

Viennent ensuite quelques articles sur des questions diverses, le plus souvent des sujets difficiles, « qui fâchent parfois, mais qu’on ne peut éluder » assure l’édito du Comité de rédaction.
Enfin, la Revue nouvelle présentera chaque mois le résumé substantiel et critique d’un livre pointé dans l’abondante production livresque qui mérite d’être dans la bibliothèque de l’honnête citoyen. Une nouvelle rubrique originale et subjective, « Italique », parlera d’une expérience qui a particulièrement touché celui ou celle qui l’a vécue…
Fondée en 1945, dans le bouillonnement intellectuel et moral de la Libération, la Revue nouvelle s’est d’emblée positionnée à la gauche du monde chrétien de l’époque. Il s’agissait alors de s’émanciper d’une pensée politique et religieuse dominante pour créer un lieu de réflexion et d’expression autonome, hors des discours convenus.

Aujourd’hui, explique la Revue nouvelle, « si l’absolu des valeurs religieuses des origines s’est incontestablement estompé, qu’il n’est certes plus disponible sous une forme évidente et doit être recherché dans des manifestations distribuées du sens, il y a néanmoins des convictions, des solidarités, des choix fondamentaux qui restent, que l’on ne peut ni ne veut renier. Le « progressisme » de la revue continue ainsi de la rattacher au monde des valeurs de justice, de liberté, de respect culturel et de volonté de comprendre. »

La Revue Nouvelle poursuit ainsi son travail d’information et de réflexion, en toute indépendance, « janvier 2008 n’étant qu’une étape d’un long et incessant travail… [visant à] donner plus de raisons d’espérer l’avenir que de le redouter, de le bâtir que de l’abîmer. »

Plus d’infos : La Revue Nouvelle

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