N° 17 Avril 2010

Edito

Marc ELSEN, Président de la DCWB

C’est un euphémisme, la situation politique belge occupe plus que jamais le devant de la scène, interpelle, déçoit, rend amer voire davantage si manque d’affinités…
Mais combien saisissent vraiment les racines du « mal belge » ? Tant en ce qui concerne les grands enjeux, peut-être socio-économiques mais en tout cas institutionnels, qui posent problème, qu’en ce qui relève des questions liées à la responsabilité voire au courage politique. Soit on identifie, en tout cas grossièrement, le caractère jugé inextricable des problèmes institutionnels que trop souvent l’on résume en 3 lettres, soit l’on met en exergue la difficulté voire l’impossibilité actuelle de dialogue Nord-Sud (en Belgique),… Bien souvent néanmoins, l’on regrette surtout avec amertume ce que d’aucuns estiment être un manque de volonté politique de s’attaquer de front aux (vrais) problèmes de la société en matière de croissance, d’emploi, de pauvreté, de qualité de la vie… Bref l’incapacité de trouver des solutions.
Tiens BHV, au fond, qui sait ce dont il s’agit… ? Au-delà de la simplification, néanmoins très symbolique, qui consiste à résumer le problème en un bras de fer constant entre flamands et francophones, voire une tentative constamment réitérée d’imposition des règles flamandes à la population francophone ou une volonté radicale de scinder le pays… D’aucuns rappelant la situation des Fourons ou de Comines, confondant bien souvent les genres d’ailleurs.
Bien que BHV n’est pas en tant que tel LE problème, la solution à inventer pour le résoudre n’en reste pas moins le passage incontournable et nécessaire de tout dialogue inter communautaire tant sa valeur symbolique évolue de façon exponentielle. Car en effet, nous avons tous besoin de symboles… même si trop souvent ils servent de munitions à des guéguerres qui discréditent à tout le moins la classe politique jugée incapable d’y mettre un terme via une solution innovante, créative, constructive…
Et alors, qu’en est-il de cette capacité de dialogue et de recherche de consensus, quasi sociologiquement viscérale, que nos pays voisins reconnaiss(ai)ent à notre petit mais si sympathique pays ? Comment comprendre donc expliquer notre incapacité à mettre autour de la table nos trois communautés linguistiques qui constituent une réelle plus value pour tous sauf pour nous, Belges, et à construire de nouvelles formules de complémentarité reconnue et de respect mutuel sur la base d’intérêts communs pas trop difficiles à identifier…
Et si nous nous inspirions des méthodes de la société civile organisée qui, de l’avis d’Alda Greoli dans son récent éditorial du journal « En Marche » avis que je partage profondément, « apporte la démonstration que la Belgique a du sens et de l’avenir »… Et si, sans vouloir paraphraser Alda Greoli, l’on évoquait les accords médico-mutuellistes, le maintien du dialogue et de la concertation entre les partenaires sociaux même dans un contexte national et international peu rassurant, ou encore la rencontre et la mutualisation des forces émanant de nombreuses associations et mouvements citoyens dans le Réseau belge de lutte contre la pauvreté…
N’idéalisons pas à outrance, mais quand même…

N° 17 Avril 2010

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