N°18 Juillet 2010

Edito

Marc ELSEN, Président de la DCWB

Cette année parlementaire aura été d’une rare intensité : l’enracinement d’un Olivier qui aujourd’hui grandit… tout doucement, une succession de péripéties et autres surprises au Fédéral, des élections fédérales anticipées et des résultats le 13 juin particulièrement interpellants, l’avènement de la Belgique à la présidence de l’UE après celui d’H. Van Rompuy à la présidence de la commission…
De quoi alimenter non seulement les réflexions quant aux perspectives de l’Etat et des relations futures entre familles politiques, au sein même de celles-ci, entre les entités fédérées, … mais aussi les travaux de vacances à tous les niveaux !
Ce numéro particulièrement dense d’Humanisme et Solidarité traite en profondeur d’un certain nombre de grandes questions du moment et des enjeux pour les prochains mois ! Certains diraient que nous avons rendez-vous avec l’Histoire…
La crise financière de fin 2008 (qui n’attend qu’à se reproduire) a démontré la relative fragilité de nos systèmes économico-financiers de même que les contraintes qui pèsent et s’imposent au politique, mais ces bouleversements doivent plus que jamais induire une certitude : le caractère indispensable et urgent de la construction d’une réelle structure européenne tant au niveau socio-économique que de contrôle des grands mouvements financiers. A quand une Europe politique courageuse voire audacieuse face aux intérêts particuliers, et suffisamment créative et ambitieuse face aux enjeux collectifs ? Gageons que la présidence belge, malgré un contexte interne un peu original, ouvrira de nouvelles perspectives…
L’allongement de la durée de vie, réalité belge comme européenne, impose lui aussi de définir des politiques proactives et ambitieuses qui veilleront à créer un nouvel équilibre et un dispositif créatif sous le sceau d’une solidarité sociale et intergénérationnelle redessinée.
Certes, le contexte budgétaire peu affriolant que nous connaissons doit nous imposer un devoir de responsabilité ; mais plus que jamais il imposera d’autre part un devoir de transparence, oserais-je dire de pédagogie de la communication, envers la population vis-à-vis de laquelle le fossé n’a jamais été aussi grand avec « le politique ».
De la même façon, le lien entre les responsables politiques et la société civile organisée mérite aujourd’hui plus qu’hier non seulement un intérêt particulier mais un engagement plus affirmé et plus durable.
De façon particulière, la préparation des accords du non-marchand, au fédéral comme au sein des entités fédérées, est particulièrement évocatrice d’un état d’esprit susceptible de donner naissance à de nouvelles formes de dialogue social. En l’occurrence, non seulement entre le politique et le secteur, nous devrions dire les secteurs voire « l’inter secteurs », mais entre le politique, les organisations syndicales et les employeurs d’un non marchand qui n’en finit pas de grandir…, ce qui constitue quand même une bonne nouvelle ! Si l’enjeu à ce niveau apparait lié aux modalités d’une négociation tripartite qui, aussi nécessaire qu’elle soit aujourd’hui pour beaucoup, devra respecter les missions particulières de chacun des acteurs, il implique davantage encore une évolution du dialogue social permanent, bien au-delà des contextes de négociations. Certes, il s’agit là d’une petite révolution culturelle où chaque acteur devra « s’y retrouver » et s’y sentir reconnu dans ses priorités et ses missions, mais ces nouvelles modalités du dialogue social ne se construiront qu’à deux conditions qui nous sont chères : d’une part, la conviction partagée que les objectifs pour ne pas dire les enjeux du secteur non marchand sont intimement liés au développement des solidarités sociales, et d’autre part le renforcement du climat de confiance entre des acteurs qui visent, pour la grande majorité, ces objectifs de solidarité et de participation à l’équilibre et à la valorisation de la vie collective.
De bons moments de vacances et de convivialité pour certains, et pour d’autres, de bons travaux de vacances…
Et pour tous, « bonne chance » !

N°18 Juillet 2010

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