n°3 mars 2006

Edito

SE LOGER : UN BESOIN FONDAMENTAL

Denis GRIMBERGHS, Président de la DCWB

Il y a plus de 10 ans que nous avons inscrit dans notre constitution le droit à un logement décent.* On doit s’interroger sur les moyens qui ont été mis en œuvre pour garantir l’exercice de ce droit fondamental inscrit dans notre Constitution.
La conjoncture économique, l’assainissement des finances publiques et l’évolution du marché immobilier n’ont certainement pas contribué à améliorer l’accessibilité du plus grand nombre à un logement de qualité. Résultat : la question du logement est aujourd’hui une des préoccupations majeures de la population avec l’accès à l’emploi. L’acuité de cette préoccupation diffère selon l’âge, le niveau de revenu évidemment, la situation familiale et d’une façon encore plus déterminante le statut de propriétaire ou de locataire.
La préoccupation des citoyens par rapport au coût du logement à donc de multiples facettes. C’est tout à la fois le problème des personnes âgées qui, locataires parfois depuis des décennies d’un même logement, se retrouvent à la rue parce que leur nouveau propriétaire a décidé de retaper l’immeuble et qu’il est difficile, voire impossible, de retrouver un appartement à louer lorsqu’on a plus de 75 ans ; ce sont ces femmes seules avec enfants qui cherchent un logement avec un petit loyer ; c’est également la situation des personnes avec un revenu très faible qui doivent consacrer plus de la moitié de leurs ressources pour louer un logement qui souvent sera de très mauvaise qualité. _ C’est d’ailleurs un des paradoxes qui justifie l’intervention des autorités publiques : proportionnellement le marché locatif est plus cher lorsqu’on cherche un logement dans la catégorie la moins élevée.
Alors quelles sont les réponses que les politiques peuvent apporter à cette question du logement ? Quels effets pourraient avoir les mesures décidées au niveau Régional ou au niveau Fédéral et dans quels délais par rapport à l’urgence sociale pour chaque famille considérée de bénéficier d’un logement convenable ? Faut-il opposer les solutions ou coordonner les efforts et conjuguer les initiatives pour tenter d’avoir un effet sur le marché du logement qui est au 9/10ème dans les mains du secteur privé dans notre pays ? Doit-on soutenir les politiques d’aide à l’acquisition pour les revenus moyens voire pour les revenus modestes ou investir tous les moyens publics au bénéfice de la production de logements sociaux ? Et que penser de l’allocation loyer ? Du blocage des loyers ? De la taxation des revenues locatifs ? Article 23 de la Constitution qui précise que la loi et le décret (l’ordonnance à Bruxelles) garantissent le droit de chaque citoyen à vivre dans un logement décent. Dans ce numéro d’Humanisme et de Solidarité, nous voulons développer les réflexions et propositions que nous estimons devoir défendre comme Démocrates Chrétiens à la fois dans la perspective des prochaines élections communales et dans le cadre des négociations qui s’ouvriront après les élections Fédérales quelques mois plus tard. Nous voulons également rappeler les engagements qui ont été pris dans le cadre des Gouvernements régionaux en Wallonie et à Bruxelles pour faire du logement une priorité politique.

Nous pronons l’articulation des politiques entre les différents niveaux de pouvoirs. A cet égard, nous dénonçons le manque de volonté politique du Gouvernement Verhoofstadt pour faire fonctionner la conférence interministérielle du logement qui a été promise depuis des années mais qui à part avoir encommissionné l’une ou l’autre question… n’aura pas été capable de prendre une seule décision !

n°3 mars 2006

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