n°1 juillet 2005

Edito

Accueil et don de soi

Christian LÉONARD

La conjonction d’événements politiques, économiques et sociaux tant au niveau international que national, collectif que personnel suscite en moi une réflexion qui pourrait apparaître complètement décalée : où en est notre capacité à accueillir et à donner ? Une question qui fait écho à une trame permanente de notre vie et que l’on retrouve dans le résultat d’un référendum concernant la constitution européenne, dans les appréhensions que suscitent les effets budgétaires du vieillissement démographique, dans les velléités de responsabiliser les patients et les chômeurs, dans les difficultés à établir un budget européen et dans les réactions protectionnistes à l’égard de la Chine ou de l’Inde. Au sein de nos familles aussi se pose chaque jour cette question récurrente qui s’est très certainement manifestée avec une acuité particulière pendant la session d’examens.
Il s’agit sans doute d’une des questions fondamentales de notre vie, peut-être même la question dont la réponse détermine notre aptitude à ressentir une joie profonde et à en vivre chaque jour. Dans ce monde où trône un certaine ‘tyrannie’ de la consommation et de la production, où l’on nous invite à nous occuper de nous, à penser à notre épanouissent, à regarder ce nombril devenu tellement visible, quelle place reste-t-il pour le don de soi, pour l’accueil de l’autre. Donner du temps à ses enfants tiraillés entre des examens à réussir et une vie qu’ils voudraient croquer à pleines dents, donner une chance à chacun de vivre en paix et de quitter un certain dénuement financier, sanitaire ou culturel. Accueillir celui qui manque de tout, qui manque de l’essentiel, de la dignité, d’un regard chaleureux. Ne pas l’attendre sur le seuil de notre maison ou de notre pays mais aller à sa rencontre sur le chemin de sa vie. Les vacances peuvent être un moment privilégié pour s’arrêter et faire le point, pour nous demander comment donner sans juger, comment accueillir sans avoir peur. Des vacances un peu plus sobres pourraient sans doute libérer notre esprit pour nous aider à réfléchir et agir pour plus de fraternité.

n°1 juillet 2005

Les autres titres de ce numéro

Autres Numéros