N°15 Octobre 2009

Edito

"Denis, Marc et Olivier"

Par Pascal Henry, Président du Comité de rédaction

Denis GRIMBERGHS a passé le flambeau de la Démocratie chrétienne à Marc Elsen.

C’est une bonne occasion pour redire l’admiration que beaucoup d’entre nous avons pour Denis.
Depuis plus de 25 ans, Denis est un acteur qui compte sur la scène politique bruxelloise et francophone.
Il s’est investi de manière pertinente et constante pour construire le dialogue entre l’associatif, les mouvements sociaux et le politique.
Il a par exemple été, avec d’autres, à l’initiative des tables rondes intersectorielles en Région bruxelloise, lieu de concertation tripartite entre pouvoirs subsidiants, fédérations patronales et organisations syndicales, à l’origine des fameux « accords du non marchand ».
Denis est toujours resté fidèle à ses idéaux, à ses engagements, à ses amitiés, et en politique, c’est une qualité qu’il convient de souligner !
C’est aussi une qualité qui n’est peut-être pas toujours la plus payante, électoralement ou médiatiquement.
Travailleur infatigable, fin connaisseur des dossiers, habile négociateur, toujours soucieux de l’intérêt général et collectif, progressiste et homme de gauche, intelligent, polyvalent, intègre, Denis est apprécié dans toutes les formations politiques démocratiques, qui lui ont d’ailleurs rendu un hommage appuyé lors de son départ du Parlement bruxellois. Paradoxalement (?), il n’a pas toujours été reconnu à sa juste valeur au sein de son propre parti, le cdH.
Denis est parti durant quelques temps regonfler le vent dans les voiles de son bateau, sur le continent africain qui l’a toujours fasciné, avant de poursuivre avec nous ses combats pour une société plus solidaire.

C’est une chance pour la Démocratie chrétienne d’avoir pour chef de file Marc Elsen, depuis peu désigné président du groupe cdH de la Communauté française. Il a travaillé dans les milieux sociaux et est un parlementaire très actif, à l’écoute des acteurs de la Communauté française. Bon travail, Marc, et, comme tu l’as exprimé dans ton allocution d’installation, tu peux bien sûr compter sur nous pour te soutenir dans cette fonction !

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Dans ce numéro d’Humanisme et Solidarité, nous avons voulu accorder une attention particulière à l’installation d’une majorité « Olivier » en Région wallonne et à la Communauté française.
Dans les Gouvernement de l’Union européenne, et au Parlement européen installé à la suite des récentes élections européennes, ce sont surtout les formations de droite (ou de centre-droit) qui ont le vent en poupe. Malgré les critiques du (néo-)libéralisme et des conséquences du capitalisme sauvage, critiques qui se sont amplifiées depuis la crise financière et économique, la gauche est un peu partout en (grande) difficulté, à l’exception notoire de la Grande-Bretagne (pour combien de temps encore ?), de l’Espagne, de la récente victoire du Pasok grec…et de la Wallonie !
Depuis une quinzaine d’années, des politiques (surtout au sein de la Démocratie chrétienne) et des responsables de mouvements sociaux ont plaidé pour des coalitions de l’Olivier. On se souvient notamment des démarches en 1993 menées par Jean-Louis THYS, alors Ministre bruxellois, pour constituer une majorité PS-PSC-Ecolo, en remplaçant le FDF par Ecolo, lorsque le FDF a rejoint la Fédération avec le PRL. Le PS prit peur…et s’empressa de signer un accord pré-électoral avec le PRL-FDF !

On se souvient surtout du plaidoyer de François MARTOU, Président du M.O.C., pour rassembler les forces progressistes dans une coalition « Olivier » à l’image de l’ancienne majorité en Italie.

Quelles sont aujourd’hui les attentes des mouvements sociaux et des acteurs associatifs à l’égard de cette nouvelle majorité ? Dans ce numéro, nous avons voulu donner la parole à Thierry JACQUES pour le Mouvement Ouvrier Chrétien, et à Etienne MICHEL pour l’enseignement catholique.
Une autre contribution examine les conditions de réussite de l’Olivier et Denis GRIMBERGHS évalue l’avenir du cdH dans l’Olivier. Jean HALLET nous donne un regard éclairé sur les relations entre mouvements sociaux et partis politiques, avec des interrogations qui nous paraissent fondamentales. Jusqu’où les mouvements sociaux peuvent-ils être les aiguillons critiques des gouvernements « Olivier » ? Ne seront-ils pas d’autant plus exigeants, au risque de compromettre la survie de l’Olivier, comme cela s’est passé en Italie, avec des conséquences désastreuses pour les forces progressistes ?
Jean HALLET conclut très pertinemment que « (Les Ministres de l’Olivier) devront se serrer les coudes dans un contexte de crise dont la sortie sera rude et longue. Leur cohésion est une condition de leur réussite à apprécier au terme des cinq ans de la législature. Mais leur succès final dépendra aussi d’un soutien lucide de ceux qui ont souhaité une coalition des progressistes. (…) La gauche excelle dans l’art d’affaiblir les siens par son impatience. »

La vigilance est de mise. Le débat est ouvert. Et surtout qu’il ne soit pas occulté, car un dialogue constructif entre les acteurs sociaux et politiques est vital pour l’émergence d’une société plus humaine, plus juste et plus solidaire. Modestement, nous apportons notre contribution à ce dialogue. Bonne lecture !

N°15 Octobre 2009

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