n°12 Janvier 2009

Edito

"Le droit égal à une école de qualité pour tous."

Denis GRIMBERGHS, Président de la DCWB

Les péripéties du décret inscription puis du décret mixité auront peut-être eu un mérite : celui d’ouvrir les yeux de tous sur le droit que devrait avoir chaque enfant de bénéficier d’une école de qualité qui lui offre les meilleures chances d’accéder à la connaissance et d’acquérir les compétences qui lui permettront de progresser dans la société.

Cet idéal qui devrait être une évidence n’est visiblement pas atteint au point d’entraîner une concurrence effrénée dans certaines localités pour accéder aux seules écoles qui sont considérées comme susceptibles d’offrir cet enseignement de qualité. S’il faut certainement mieux aider les écoles qui scolarisent le public le plus « difficile », il faut éviter de discréditer les enseignants qui y travaillent sans toujours avoir choisis d’être en poste là où la tâche est manifestement la plus complexe.

Il faut d’une façon ou d’une autre poursuivre les politiques de discrimination positive entraînant un financement différencié de ces établissements.
Au-delà, il faut sans doute mieux valoriser les acteurs pour sortir de la spirale négative qui stigmatise certaines écoles et dans le même temps leurs populations étudiantes comme professorales.

Le droit des parents de choisir pour leurs enfants l’enseignement qui leur semble le meilleur ne peut être remis en cause. La diversité des projets pédagogiques telle qu’elle est encouragée d’ailleurs dans le décret sur les missions de l’école justifie que ce choix soit réalisé dans un face à face entre les parents et les directions d’école.
A l’heure où l’on attend des parents qu’ils s’engagent plus à fond dans la relation avec l’école, il ne faut certainement pas réduire l’inscription dans une école à un acte administratif qui pourrait le cas échéant être géré en dehors de celle-ci.
Alors qu’au contraire, on estime légitime de demander aux parents et aux enfants de s’engager à suivre leur scolarité dans la même école pendant toute la durée d’un cycle, il est plus que nécessaire que le choix de l’école soit mûrement réfléchi et librement posé.

Le groupe Wallonie-Bruxelles qui devait réfléchir au devenir de nos institutions francophones a terminé ses travaux sur un texte minimaliste. On voit trop bien que le PS a voulu se garder les marges qui permettront aux plus régionalistes de continuer à plaider pour une Communauté française réduite a peu de chose… même si le discours officiel est plus équilibré. C’est le contrecoup du double discours du MR, un coup pour la Belgique, un coup pour la nation francophone !

Ce qui est sûr, c’est qu’après les élections de juin prochain, même s’il est peu probable que le communautaire soit au centre du débat, les francophones devront mettre de l’ordre dans leurs institutions. Dans ce cadre, il est temps de réfléchir sérieusement la réorganisation des réseaux officiels et la dissociation du rôle de régulateur et d’opérateur en matière d’enseignement dans un seul but : un enseignement plus efficace au bénéfice de tous.

Autre chose…encore que !
A l’occasion de notre université d’automne sur l’Europe, j’ai voulu attirer l’attention sur le fait qu’en Belgique nous avons une tradition de délégation de missions de services publiques à des acteurs de la société civile organisée.
Notamment dans le domaine social, de la santé, de la formation et de l’enseignement.
Il faut donc que nous défendions « cette exception culturelle » et il y a peut-être, dans les circonstances actuelles, une alliance à trouver entre ceux qui défendent les services publics et ceux qui veulent, qu’à côté de ceux-ci, il y ait une place pour des missions de services publiques délégués à des acteurs associatifs.
Le danger que ce soit au niveau européen ou très concrètement dans notre Communauté française et dans nos Régions c’est d’aboutir au contraire à un repli du secteur public et un rejet de l’associatif vers le privé faute de reconnaissance de son rôle et de l’attribution des moyens qui devraient aller « avec » par les pouvoirs publics.

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n°12 Janvier 2009

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