n°8 janvier 2008

Economie - Culture, Régions- Communautés : Coopération ou antagonisme ?

Rétrospectivement il est intéressant de (re)prendre connaissance de quelques extraits d’une conférence tenue par Michel Hansenne à la Société d’Etudes et d’Expansion le 16 octobre 1979.
Michel Hansenne qui a été ministre de l’emploi au sein de plusieurs gouvernements dans les années 80’ a été le premier Ministre-Président du Gouvernent de la Communauté Française.

Qui sommes-nous ? Wallons ? Francophones ? Belges ? ou bien encore Wallons, Francophones et Belges ? et si cela est, dans quel ordre – ou quel désordre ?

Nous subissons aujourd’hui les effets d’une triple crise :

- une crise économique propre à notre région faite de vieillissement et de perte d’initiative mais aggravée et amplifiée par une détérioration des échanges internationaux.
- une crise morale liée à un ébranlement des valeurs classiques et à une remise en cause des objectifs qu’il convient de s’assigner.
- une profonde crise d’identité dans un pays en voie de transformation.

(...)

Une fois les conditions d’action réunies, il faut agir. Le premier objectif que nous devons nous assigner est d’assumer pleinement notre autonomie en prenant nos responsabilités. Cela veut dire que nous devons faire la démonstration que nous pouvons faire mieux tout seuls que dans le cadre de l’Etat unitaire.

C’est une très lourde charge car la démonstration sera à faire devant l’ensemble de l’opinion publique wallonne et francophone.

Nous devons cesser de pratiquer la fuite en avant qui consiste à réclamer plus, avant de faire un usage correct et convainquant de ce que l’on a.

Je considère personnellement que si nous ne voulons pas tomber tous dans la névrose institutionnelle, l’exercice de l’autonomie est aussi, sinon plus important, que l’autonomie elle-même.

(…)

Ne devons-nous pas, à notre tour, envisager la fusion entre les exécutifs wallons et francophones ?

J’en suis, pour ma part, convaincu.

Une trop évidente complémentarité existe entre les politiques à mener au plan communautaire et au plan régional que pour ne pas s’assurer la mise en place d’institutions qui permettront des politiques cohérentes au bénéfice de notre population.

- Comment assurer la formation des chômeurs – compétence communautaire – sans s’assurer de leurs chances de placement – compétence régionale - ?

- Comment promouvoir le tourisme – compétence communautaire – sans l’articuler sur les infrastructures – compétence régionales ?

- Comment promouvoir une politique de bien être – compétence communautaire – sans choix d’aménagement et de politique de logement – compétence régionale ?

- Quelle politique de formation des classes moyennes – compétence communautaire – sans l’aide économique à leur apporter – compétence régionale - ?

- Quelle promotion socio-culturelle des travailleurs – compétence communautaire – sans débat sur l’avenir économique de la région ?

Je pourrais énumérer ainsi, très longtemps, l’articulation permanente des compétences régionales et communautaires. C’est tellement évident que les flamands ont fusionné leurs institutions.

(…)

La solidarité francophone naîtra du sentiment communément admis d’une communauté de destin. Mais cette communauté de destin nous obligera à parler aux francophones le même langage en Wallonie et à Bruxelles.

(…)

Il ne peut y avoir de véritable politique culturelle qui soit différente en Wallonie et à Bruxelles sans nier l’existence même d’une culture commune.

(…)

L’unité politique et institutionnelle de la communauté francophone est une nécessité.

- C’est par elle que nous assurerons notre identité culturelle et mobiliserons les ressources humaines nécessaires à notre renouveau.

- C’est en elle que nous trouverons les moyens financiers et administratifs nécessaires pour toute action efficace.

- C’est par elle que nous pourrons contribuer à former et à faire vivre un pays mieux équilibré.

n°8 janvier 2008

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