n°2 octobre 2005

Coin lecture

Comment comprendre l’économie politique ?

Peut-on vivre en marge de l’économie, de ses concepts et de ses réalités ? Le pari peut être tenté, mais pourrait-on alors, changer
ce que l’on décide d’ignorer ? Les conséquences sociales voire sociologiques du ‘tout à la finance et à l’économie’ s’amplifient sans cesse, en raison des multiples interactions qui constituent la ‘globalisation’ ou la ‘mondialisation’, non seulement de l’économie, mais de toute l’existence. Il n’est alors pas inutile de bien appréhender les concepts de base de l’économie néoclassique, et des théories qui se présentent comme des ‘autres voies’ de compréhension du monde.
Yves de Wasseige réalise cet effort salutaire qui consiste à présenter ces différentes approches théoriques de l’économie.
Les concepts de base sont clairement identifiés, et présentés de manière objective, mais également critique. Celles et ceux qui
sont particulièrement curieux, ou qui préparent un examen d’admission portant sur des matières économiques pourront aussi recourir
à un manuel d’exercices. Il trouveront, en effet, dans la brochure séparée des applications et des tests qui leur permettront de se familiariser avec les hypothèses fondatrices de la théorie économique. Un outil réellement pédagogique d’autoapprentissage !

Comprendre l’économie politique Yves de Wasseige Chronique sociale, Couleurs livres, 288 pages.

EN REVUES :

Et si l’Egypte basculait ?

Par sa population (71 millions d’habitants), mais aussi par son ancrage géographique, son histoire et sa culture, l’Egypte est le pays-clé du monde arabe. Or, tout y bouge aujourd’hui.
Si le pays ‘basculait’ - dans la démocratie, l’islamisme, ou le chaos terroriste les répercussions en seraient immenses, et affecteraient inévitablement les dossiers essentiels de la géopolitique régionale et globale. C’est à ce thème que la revue Enjeux internationaux consacre un important dossier.
Relativement en dehors de l’actualité la plus convulsée de la région, l’Egypte évoque, encore pour la majorité des Occidentaux, l’épopée pharaonique plus que les tumultes de la politique, même si les attentats contre des cibles touristiques ont brisé cette image d’Epinal. A la veille d’importantes élections, l’Egypte est de nouveau sous tension. Toutefois, écrivent Anne-Marie Impe et Jean-Paul Marthoz, ‘la résurgence d’un terrorisme d’inspiration islamiste pourrait être moins difficile à gérer que les lames de fond du mécontentement populaire, et les contrecoups de la guerre en Irak’.

Et si l’Egypte basculait
Un dossier de 40 pages
de la revue Enjeux Internationaux
(2e trimestre 2005 - N°8)
Renseignements :
02/231.58.78.

Prostitution,
la mondialisation incarnée

Rares sont les analyses qui intègrent dans la dynamique de la mondialisation capitaliste l’essor des marchés sexuels et leur impact sur les femmes et les enfants. La mondialisation trouve pourtant là l’une de ses pires formes d’incarnation. La monétarisation des rapports sociaux
et la marchandisation du vivant sont au cœur de la mondialisation libérale, et de l’essor des industries du sexe, selon la revue Alternatives Sud.
Le renforcement des inégalités sociales, la paupérisation de nombreuses populations, particulièrement des femmes et des enfants, et par conséquent, leur imigration accrue, sont des facteurs propices à la traite à des fins de prostitution. Profitant des nouvelles technologies, du tourisme de masse, des occupations militaires, les industries du sexe connaissent un processus de légitimation, voire de normalisation.
De nombreux pays ont, en effet, récemment légalisé leurs activités.
La prostitution et son corollaire, la traite des femmes et des enfants à des fins de prostitution, sont considérés par nombre d’Etats comme des moyens de développement économique. Ce ‘secteur’ de l’économie mondiale est en pleine expansion. Il produit des déplacements importants de population, et génère des profits mirobolants. Des millions de femmes, d’adolescents et d’enfants vivent dans les districts ‘chauds’ des métropoles de leur propre pays, ou dans ceux de pays voisins ou lointains. Les plus touchés proviennent principalement des pays du Sud et plus récemment, de l’Est.

Prostitution, la mondialisation incarnée
Collectif. Revue Alternatives Sud, éditée par le CETRI
Av. Sainte Gertrude 5 - 1348 Louvain-la-Neuve
Sommaire et résumé des articles : www.cetri.be

La loi anti-discrimination

Le 25 février 2003 a été promulguée une loi visant à interdire la discrimination directe ou indirecte. Elle ne porte pas seulement, comme certains le pensent, sur l’accès à l’emploi et les conditions de travail, sur la fourniture des biens et services, mais aussi sur la participation à toute activité économique, sociale, culturelle ou politique accessible au public. Elle élargit ainsi la compétence du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme aux discriminations non raciales, à l’exception de la discrimination fondée sur le sexe, qui est de la compétence de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. Cette loi innove à plusieurs titres.
Elle offre une protection non plus seulement contre une discrimination commise par les autorités, mais aussi contre la discrimination commise par un citoyen envers un autre citoyen. La loi prévoit également un renversement de la charge de la preuve, qui est mise à charge
de la personne accusée de discrimination, lorsque les présomptions de ce comportement sont importantes. L’ambition de cette législation contraste avec le petit nombre de décisions de justice tombées, depuis son entrée en vigueur. L’application de la loi a été ralentie par deux recours auprès de la Cour d’arbitrage.
La Cour a annulé certaines dispositions de la loi, élargissant son champ d’application à toute forme de discrimination (y compris les discriminations linguistiques ou motivées par la conviction politique, comme le demandait le Vlaams Belang, qui est à l’origine d’un de
ces recours). Elle est également freinée par l’absence d’un arrêté d’application qui doit organiser les tests de situation, arrêté qui suscite une grande opposition dans le monde des employeurs et des propriétaires. En outre, la loi est censée transposer deux directives européennes, mais il semble bien qu’elle ne remplisse pas l’ensemble des obligations de la Belgique à cet égard. Pour assurer à la lutte contre la discrimination toute l’efficacité nécessaire, sans doute faudra-t-il modifier la loi.L’étude de Caroline Sägesser, précise et rigoureuse, ne s’adresse pas à un public de juristes, mais à toute personne soucieuse de comprendre la portée d’une législation ambitieuse et controversée.

La loi anti-discrimination
Caroline Sägesser

Courrier
hebdomadaire du CRISP (N°1887-1888)

Renseignements :
CRISP, Place Quetelet n°l A 1210 Bruxelles
02/211.01.80.
www.crisp.be