N°16 Janvier 2010

Avec vous, Haïti debout !

Arnaud GORGEMANS, Coordinateur de Solidarité Mondiale ASBL

A l’heure où les derniers miraculés sont sortis vivants des
décombres de Port-au-Prince, tant la Communauté
internationale que la population haïtienne entament une
phase nouvelle de la gestion de l’après-séisme du 12
janvier.

L’urgence passe progressivement des blessés aux vivants,
ceux-là même qui, fidèles à leur réputation de « peuple
vaillant », se sont remis au travail, sans attendre
l’hypothétique coordination des secours internationaux.

Déjà, alors que le déferlement émotionnel et médiatique
battait son plein chez nous, les partenaires de Solidarité
Mondiale en République dominicaine rassemblaient
vivres, eau et matériel sanitaire et mettaient sur pied un
convoi de quatre camions accompagné de près de 200
bénévoles pour venir au secours de leurs collègues
haïtiens. Souvent même s’agissait-il de compatriotes,
émigrés, au départ sans papiers haïtiens exploités dans les
bateyes, les champs de canne à sucre, ou dans les zones
franches, et qui ont progressivement organisé des réseaux
de solidarité économique, sociale et même médicale entre
eux. Ils ont hélas une certaine expérience dans la gestion
des secours consécutifs aux cyclones qui balaient
régulièrement l’île.

Jusque là, l’Etat haïtien voyait d’un mauvais oeil cette
action orientée vers les droits de l’homme des migrants
haïtiens chez le voisin dominicain.
Le séisme a mis bas quelques barrières au propre comme
au figuré. Et l’assistance proposée par ces enfants du pays
exilés a été accueillie à bras ouverts. En outre, ils
présentaient l’avantage non négligeable de maîtriser
parfaitement la langue créole.

Sur le terrain, ils ont trouvé près de 400 personnes
recueillies et hébergées dans le centre de formation
(équipé pour une centaine de personnes) de la
Confédération des Travailleurs Haïtiens, un des
partenaires de la CSC et de Solidarité Mondiale.
Ils ont aussi fait des découvertes moins réjouissantes : le
siège de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne d’Haïti
totalement détruit, des responsables de ces organisations
blessés ou retirés morts des décombres…

Honneur et respect

Quand un Haïtien se rend chez un voisin ou une
connaissance et qu’il veut s’enquérir de la présence de
celui-ci, il use de l’exclamation « Honneur ». La réponse
fuse le plus souvent sous la forme de « Respect ». C’est la
manière haïtienne de demander « s’il y a quelqu’un ? ».

Au-delà de cette boutade, c’est bien entendu honneur et
respect que le peuple haïtien réclame et mérite
aujourd’hui. Honneur, parce qu’il se met au travail sans
attendre et que, s’il ne dispose plus d’églises pour pleurer
ses morts, il lui appartient de rebâtir le seul pays qui s’est
libéré seul de l’esclavage. Respect, parce qu’il va en outre
lui falloir du courage et de la persuasion pour faire valoir
ses choix, ses priorités pour la reconstruction de ses murs
et de ses institutions. Honneur et respect, tout un
programme.
Ils comptent sur nous, ils comptent sur vous !

Vous souhaitez poser un geste utile ?
Soutenez les partenaires de Solidarité Mondiale
en versant la somme de votre choix sur le compte
799-5500000-05 avec la mention « Haïti debout ! ».

Les dons de 30€ et plus bénéficient d’une exonération
fiscale. Les sommes récoltées sont destinées
exclusivement au soutien des partenaires qui oeuvrent en
faveur de la population haïtienne. Vous souhaitez réaliser
quelque chose de plus concret encore ? Vous cherchez une
information actualisée ? N’hésitez pas et envoyez un mail
à solidarite.mondiale@solmond.be ou consultez le site
www.solmond.be.

N°16 Janvier 2010

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